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Le film pourrait s’appeler « L’engrenage », ou bien « La machine ». Car c’est de cela dont il s’agit : une machine en route, avec ses multiples rouages, que rien n’arrête…
L’histoire est simple : une principale de collège assassinée, un homme mis en prison quatre ans plus tard, puis condamné pour ce meurtre, malgré ses protestations d’innocence. Les preuves sont faibles, contradictoires, mais peu importe, la conviction des policiers puis celle des juges impose sa loi.
Le condamné s’appelle Pierre Dubois. Dans sa banalité même, il nous ressemble. Ni marginal ni voyou. Psychologue scolaire, marié, deux enfants. Juste un homme ordinaire avec ses défauts, ses frustrations, ses mesquineries, ses errements, sa volonté fluctuante, son engagement réel, son honnêteté un peu raide, son asthme, ses petites colères…
Or, dès que Dubois entre dans le collimateur de la police, dès que la machine policio-judiciaire se met en marche, tout jouera contre lui. Ses qualités comme ses défauts. Tout sera apprécié en fonction de l’acte meurtrier, tout servira la thèse de l’accusation. Terrifiante lecture de la destinée et de la vie d’un homme, où nulle place n’est faite au doute ou à l’ambivalence…
Les accusateurs de Dubois paraissent de bonne foi : policiers et juges disent avoir fait leur travail. Mais pas un, conscient peu à peu des glissements successifs, des dérapages, des dysfonctionnements, ne s’est levé pour poser sincèrement la question : Dubois est-il vraiment le coupable ? Pas un. Personne n’arrête la machine.
Les juges et policiers dorment tranquilles.
Pas nous.





