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Par nature tout crime est odieux.
Celui d’un enfant est insupportable. Alors, lorsqu’à La Motte du Caire, le 27 juillet 1988, Céline Jourdan est retrouvée violée et assassinée sous des branchages, le long d’une rivière qui jouxte ce village de Haute Provence, la colère des 350 habitants ne connaît pas de limite. D’autant que Céline, qui allait avoir 7 ans, n’est autre que la fille du seul cafetier du village.

Très vite la gendarmerie interpelle un SDF, Didier Gentil, qui a passé sa journée dans le bar tabac à boire et à jouer au flipper avec l’enfant. Celui que l’on va surnommer « le tatoué », passe aux aveux. Il affirme que s’il a bien violé Céline, il ne l’a pas tué. Et désigne le tueur: Richard Roman, l’homme chez qui il a séjourné. Un ingénieur agronome qui a fui la société pour s’installer dans la montagne et élever des chèvres. Il habite dans une tente qu’il a dressée à côté d’une bergerie délabrée.  Ce parisien, qui vit seul comme un ours, inquiète depuis longtemps la population du village où on l’a surnommé « l’Indien. » Roman est à son tour interpellé et passe, après quelques heures de garde à vue, aux aveux. Mais très vite il se rétracte et clamera dès lors et pour toujours son innocence.
Voilà les faits.

L’instruction va durer quatre ans et quatre juges vont se succéder. Dont l’un n’hésitera pas à conclure au non-lieu pour Richard Roman et le libérera. Le parquet fera appel de la décision et il sera à nouveau incarcéré. Car le climat de cette instruction est insoutenable. Au point que lors d’une reconstitution, les avocats des deux inculpés, Maîtres Juramy et Leclerc, seront pris à parti par la foule du village et ne devront leur salut qu’aux gendarmes intervenus avec un peu de retard. L’opinion publique s’est emparée de l’histoire et l’affaire de ce que l’on appelle « les barbares », retient l’attention de toute la presse. Et les partisans du retour à la peine de mort se font de plus en plus bruyants.

Voilà pourquoi le procès qui s’ouvre le 30 novembre 1992, ne se déroule pas à Apt mais à Grenoble, pour la sérénité des débats. Un procès que préside Dominique Fournier, magistrat de 42 ans et dont l’avocat général est le très sévère Michel Legrand.

Ce procès qui va durer 14 jours est un modèle. Modèle de ce que la Justice peut être et doit être. Une recherche méthodique de la vérité.Une vérité qui va éclater au grand jour…
Comment s’est manifestée peu à peu la vérité ? C’est tout l’enjeu de ce Documentaire fiction.
Car si l’on connaît beaucoup de cette affaire, il reste une inconnue pour le grand public : le déroulement du procès.
Et c’est ce que nous avons reconstitué au cours de ce film mélangeant fiction, entretiens et archives.

Rendez-moi justice
Un documentaire-fiction de 102 minutes
en coproduction avec France 3
Réalisé par :  Denys-Granier Deferre
Scénario et dialogues : Anne Landois
Produit par : Denis Poncet et Matthieu Belghiti
Directeur de la Photo : Isabelle Razavet
Images additionnelles : Alberto Marquardt
Montage : Marie- Françoise Michel
Musique : Hélène Blazy
Première diffusion sur France 3, le 27 juin 2007