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Pendant plusieurs mois nous nous sommes mis en quête d’histoires, de personnages, de lieux susceptibles de nous permettre de poursuivre le travail entamé avec « Le Coupable Idéal » et « Soupçons », tant au niveau du sens (la difficulté de juger, les préjugés raciaux, sociaux, …) que de celui de la forme dramaturgique.
Et après plusieurs mois de recherches, nous avons décidé d’installer nos caméras pendant presque une année à Las Vegas. Car cette fois, c’est plus un lieu qu’une histoire qui a guidé notre choix.

Pourquoi Las Vegas ?
Tout simplement parce que cette ville plantée au milieu du désert --mirage comme surgit de nulle part sinon de notre imaginaire--, combine des éléments si dramatiquement contradictoires qu’elle peut se révéler, à ceux qui sauront la regarder avec le prisme adéquat, comme le miroir déformant des bassesses et des grandeurs de l’âme humaine en ce début du 21ème siècle…
Las Vegas a été conçu dans les années trente comme un lieu de permissivité : c’est ce qui a fait sa réputation et sa richesse. Elle continue de se vendre comme un lieu où tout ce qui est interdit ailleurs peut s’y pratiquer ; chaque année, c’est 40 millions de touristes qui viennent tenter le hasard, la chance, ou gentiment s’encanailler en toute légalité ; chaque mois c’est 10 000 nouveaux arrivants qui viennent s’y installer (alors que cinq mille en repartent) mus par l’espoir qu’ici tout reste encore possible, que tout ce qui a échoué ailleurs sourira dans cette oasis qui ne connaît pas le chômage…

Mais Vegas c’est aussi le plus fort taux de criminalité aux Etats-Unis ; de condamnés à mort, de suicidés (le double du niveau national), de vols et d’agressions, de consommation d’alcool, de mariage et de divorce (plus du double de la moyenne nationale). C’est aussi la plus grande concentration de chambres d’hôtel au monde… et de travailleuses de l’industrie du sexe (comme on les appelle pudiquement). Las Vegas est la ville qui connaît la plus forte croissance dans le monde occidental. Deux rues s’y construisent par semaine. Elle agit comme un Eldorado, un phantasme… Son aura de permissivité attire, aimante. Et parmi ces milliers de nouveaux habitants chaque mois, il va se trouver un lot à qui la chance n’aura pas souri. Et forcément, à Vegas, la chute est plus douloureuse qu’ailleurs.
Ici, les services du procureur instruisent 82% des plaintes déposées, alors que dans le reste du pays ce taux dépasse à peine les 50% (55% en Europe).
Le paradoxe de cette ville est bien là. Et il fait mal. Lorsque vous débarquez tous les signes tendent à vous dire qu’ici « tout est permis. Même ce qui est interdit ». Or après quelques semaines passées en ville vous vous rendez compte de la supercherie. Parce qu’ici c’est plutôt : « Tout est interdit. Sauf ce qui est permis ».

La série documentaire que nous proposons n’a pas l’ambition de faire un portrait de Las Vegas ou de sa justice. Mais le but est de se servir de leurs effets grossissants pour regarder la cohorte des laissés pour compte à qui la vie vient une nouvelle fois de dire « non », ceux qui pensaient trouver une terre d’accueil à leurs rêves de bonheur simple et qui se sont heurtés à la rudesse brutale d’un monde plus policé que bienveillant.
Ces huit films décriront un périple à travers le monde de la justice à Las Vegas - le revers de son utopie.

Sin City Law
La loi de Las Vegas
extrait non disponible
Une série documentaire de 8 x 52 minutes
en co-production avec ARTE et Sundance Channel
Réalisé par: Rémy Burkel
Produit par: Denis Poncet et Jean-Xavier de Lestrade
Ecrit par: Denis Poncet, Jean-Xavier de Lestrade, Rémy Burkel
Production exécutive: Allyson Luchak et Annie Wong
Images: Isabelle Razavet, Alberto Marquardt, Eric Turpin, Thierry de Lestrade
Son: Baptiste Charvet, Yves Grasso, Franck Weber, Bastien Guille
Montage: Maureen Mazurek, Scott Stevenson, Sophie Brunet, Katya Chelli
Musique originale, composée et dirigée par: Hélène Blazy, Interprétée par L’Ensemble de Cordes de l’Opéra de Paris
Première diffusion sur Sundance Channel, septembre 2007.
Diffusion prévue en 2008 sur ARTE (France/Allemagne), Sundance Channel (USA), RTBF (Belgique), YLE (Finlande), SVT (Suède), DR TV (Danemark), DSB (Israël), ABC Australian (Australie).
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